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Si Dieu est lumière, il est peu

Modifié le : 2019/07/30

On accorde bien de l’importance à la lumière. Avec nos yeux étroits, nous nous pâmons pour une lueur, une fleur, un soleil ou un vol­can. La lune aura apeu­ré des géné­ra­tions d’âme, les éclairs auront ser­mon­né quan­ti­té d’esprits, des légions de princes et de rois auront arbo­ré or et argent et ain­si sou­mis des peuples entiers par la seule démons­tra­tion d’un éclat.

Or, la lumière, si puis­sante fût-elle, est en un clin d’œil occul­té par n’importe quelle pierre, par le pre­mier objet dense venu. Les pho­tons s’arrêtent net, absor­bés par l’opacité des choses.

Du moins, c’est notre per­cep­tion. Notre uni­vers quo­ti­dien est fait de reflets trom­peurs, d’illusions d’optique. Et que dire des autres, ces chiens qui voient en noir et blanc, ces papillons noc­turnes qui reniflent plus qu’ils ne regardent, ces chauves-sou­ris qui per­çoivent le che­min par l’écho qu’il pro­duit. Au final, si Dieu est Lumière, il est peu.

La matière est un kaléi­do­scope de den­si­tés diverses. De ce jeu naît la radia­tion qui, en paliers suc­ces­sifs d’ondes, s’étale et gonfle. Il ne faut pas se sur­prendre d’y perdre son latin. Il n’y aurait pas de lumière sans son absence, pas d’émerveillement sans cette pré­sence sans nom qu’on nomme, à défaut d’une meilleure com­pré­hen­sion, l’Univers. Ne res­sen­tez-vous pas la vibra­tion inces­sante du mar­teau contre l’enclume ?

Per­ce­voir au-delà des contrastes, au-delà des ombres chi­noises, au-delà des lueurs pla­to­niques, cela com­mence par fer­mer les yeux pour que, avant qu’elle n’atteigne le cer­veau, la lumière soit stop­pée aux portes de notre enten­de­ment. Remet­tez en doute vos per­cep­tions, regar­dez autre­ment, n’obéissez plus à ces idées lumi­neuses qui vous poussent à tuer et à juger. Vous nagez dans une belle inno­cence. Puis­siez-vous y trou­ver votre soif et votre délire per­du d’enfant.

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