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Soviet suprême

Modifié le : 2019/08/06

Mon pays ne semble plus être cet hiver que le poète décla­mait à grande voix, du moins pas dans la métro­pole. Il pleut encore et la neige ne résiste pas. Hier après-midi, j’ai entre­vu une grosse cor­neille pava­ner sur la toi­ture du voi­sin. Je ne vois pas cepen­dant pas les autres oiseaux, sûre­ment plus avi­sés que l’imprudente, car, on le sait tous, l’hiver n’a cer­tai­ne­ment pas lan­cé la ser­viette même si, réchauf­fe­ment oblige, il pré­fère séjour­ner doré­na­vant un peu plus vers l’est. Le Qué­bec de la grande ville se lon­do­nise sans doute.

Je n’ai certes pas le goût de mettre le nez dehors. De plus, mes bottes prennent l’eau et mes argents servent à dépen­ser autre chose que l’essentiel sai­son­nier. Nous entrons bien­tôt en février. Déjà les gens autour de moi démontrent de l’impatience, leur moral décline et ils iront tout de même travailler.

Moi, je ferme les yeux, j’observe cette fatigue, un sédi­ment plus tenace que la neige, m’envelopper de ses écailles tem­po­relles. Aujourd’hui est un autre jour rem­pli d’espoir et de tâches à faire. Même en demeu­rant ain­si bien cam­pé dans mes cous­sins, les jambes croi­sées, l’Internet sous mes doigts d’Ariane, je me sais avan­cer. J’ai des rêves de mettre le cap sur des contrées inex­plo­rables, sûre­ment magni­fiques. J’ai des envies de repos. Mes idées, telles des vagues, s’entrechoquent et se heurtent à la Grande Falaise, bien haute avec ses majuscules.

Et je dois ouvrir les yeux, ne serait-ce pour révi­ser ce texte, mais aus­si pour reprendre ma place par­mi les four­mis. Le Temps est mon Soviet suprême.

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Classé dans :quotidientemps

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