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Suis-je vraiment triste ?

Modifié le : 2016/08/30

Un ami m’a fait l’autre jour la remarque que je sem­blais triste, du moins d’a­près ce qu’il en dédui­sait à pro­pos de mes livres et des quelques écrits trans­mis ici. Ma mère me fai­sait aus­si la remarque, il y a long­temps, qu’é­tant jeune, je n’é­cri­vais que des choses tristes, des poèmes troublés.

Je crois qu’il faut être for­cé­ment triste pour aller au-delà des appa­rences. Les gens « posi­tifs », qui ne voient que le beau côté biblique des choses, les pha­ri­siens de la cer­ti­tude et de la rec­ti­tude, très peu pour moi.

Je n’ai pas l’im­pres­sion d’être triste. Anxieux, certes, en attente, bien sûr, intense sur­tout. J’ai des amis intimes qui me connaissent mieux et qui savent que je suis un bouf­fon, une sorte de clown. Com­bien de fois ai-je enten­du à mon égard : « niai­seux ! ». Et ils savent per­ti­nem­ment que ma sen­sua­li­té n’est jamais gra­tuite, que je ne m’of­fusque que très peu devant les tabous, tant et aus­si long­temps qu’on soit sin­cères et heu­reux de vivre.

Mais, au final, oui, je suis triste, vou­lant com­prendre ce qui m’a­nime. Toutes les caresses, tous les sou­rires, toutes les ami­tiés sont, pour moi, autant d’oc­ca­sions de labou­rer mon exis­tence, de la rendre fertile.

Je suis un plan de vigne accro­ché à son sol rocailleux. Et avec le fruit de mes gestes, de mes écrits, je tente de pro­duire de l’ivresse.

Classé dans :tristesse

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