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Toc, toc, toc

Je ne sais pas quand on m’a trans­mis l’horloge de ma grand-mère pater­nelle, sans doute quand Ger­maine a « cas­sé mai­son » pour aller habi­ter chez sa fille Jeanne D’Arc. Je l’avais accro­chée dans le cor­ri­dor, de ma nou­velle mai­son, en 2008, jusqu’au moment où j’ai com­men­cé à tout défaire. Elle aura pas­sé ain­si une dizaine d’années au sous-sol, accro­chée à une solive.

Comme pour les pho­tos que j’ai remon­tées, j’en ai pro­fi­té pour dépous­sié­rer l’horloge, rem­pla­cer ses bat­te­ries et la sus­pendre dans la salle à man­ger. J’ai craint qu’elle ait ren­du l’âme puisqu’une des bat­te­ries avait légè­re­ment coulé.

Elle semble pour­tant tenir l’heure.

Sur­prise de la savoir en ma pos­ses­sion, ma famille s’interrogea sur l’âge que l’horloge pou­vait avoir. C’est dif­fi­cile à dire, car rien à l’arrière ne nous aide. Je me suis dit, dans un pre­mier temps, que puisqu’elle fonc­tionne avec des bat­te­ries AA, elle ne doit pas être si vieille. Or, ce type de bat­te­rie a été inven­té en 1907, son for­mat stan­dar­di­sé en 1947. Le méca­nisme de plas­tique tra­hit davan­tage son époque. Une recherche inver­sée de pho­to m’a per­mis de décou­vrir une hor­loge simi­laire qui datait de 1970.

J’ai lu un peu sur l’his­toire de Bulo­va, une com­pa­gnie fon­dée fin du XIXe siècle par un M. Bulo­va (évi­dem­ment), ori­gi­naire de Bohême, qui immi­gra aux États-Unis.

L’horloge en soi n’a de valeur que le fait d’avoir appar­te­nu à ma grand-mère décé­dée à l’âge de 100 ans. J’ai été sur­pris d’une chose en pro­fi­tant de ma der­nière jour­née de congé, à lire dans la grande pièce où elle a été sus­pen­due : toc, toc, toc.

Le temps comme je ne l’entendais plus de plus belle lurette, chaque seconde plus insis­tante que les gouttes d’eau d’un robi­net mal fer­mé. C’était à la fois pai­sible quand je m’y attar­dais, irri­tant quand je lisais. Fina­le­ment, on s’y fait. Toc, toc, toc, et puis le temps s’en va. Toc, toc, toc, il est encore là ! Tic, tac, toc ; c’est vaste, une seconde, c’est tout un océan, une heure…

Est-ce un bien d’avoir fait taire ces pen­dules avec nos montres élec­tro­niques ? Cette ques­tion ne mérite même pas une réponse. Les choses sont ce qu’elles sont.

Toc, toc, toc, les pla­nètes pour­suivent leur danse, vous vous en souvenez ?

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