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Une saga astrologique familiale

L’histoire des autres ne nous appar­tient pas. Durant leur voyage, ces âmes incar­nées accostent, s’échouent, s’échappent, voguent, se brisent, forment des flot­tilles, naviguent seules ou gré­gaires sur des océans dont la mémoire s’enregistrera ou s’évanouira dans l’interstellaire ou dans d’autres chairs lorsque vien­dra le temps de mourir.

L’exercice de racon­ter la vie des autres se limite à ça, à une inter­pré­ta­tion, un rêve, une fable. C’est dans cette optique que j’analyse ici une famille à tra­vers le prisme astro­lo­gique. J’étais curieux de voir si je pou­vais déce­ler des affi­ni­tés, une onde, un thème modu­lé par la géné­tique. La méta­phore astro­lo­gique est com­plexe, inex­pli­cable, non scien­ti­fique. L’avenir est à la fois décrit et muet dans un thème astral. Puisque nous mijo­tons dans une soupe cos­mique, il est logique de pen­ser que les ingré­dients qui nous façonnent altèrent notre per­son­na­li­té. Il est tout aus­si logique de pen­ser que l’aléatoire fait le reste. Aide-toi et le ciel t’aidera. Connais ton voyage et tu sau­ras où navi­guer, mais seul toi déci­de­ras du voyage.

Les sym­boles astro­lo­giques sont trop nom­breux pour que je les explique dans leur tota­li­té. Je réfère le lec­teur aux deux excel­lents ouvrages de Ste­ven For­rest, The Inner Sky et The Chan­ging Sky. À la lec­ture du pre­mier, vous serez apte à inter­pré­ter vous-même votre thème. Nul besoin de savants algo­rithmes. Je peux éga­le­ment vous aider dans cette inter­pré­ta­tion. Sachez tou­te­fois que je me consi­dère tou­jours comme un dilet­tante, un ama­teur en la matière.

J’introduis tout de même ici quelques symboles.

La mère

Je ne connais qu’une approxi­ma­tion de son heure de nais­sance et après quelques rec­ti­fi­ca­tions (faites il y a fort long­temps et dont je ne me rap­pelle plus la logique), je lui donne cette carte du ciel. Je vous la montre même si vous n’y com­pren­drez pour la plu­part d’entre vous rien. Sachez qu’une carte du ciel repré­sente les diverses « fonc­tions » psy­cho­lo­giques d’une per­sonne (ego, sen­ti­ments, intel­lect, asser­tion, rela­tions, etc.).

Femme de l’été, presque un Can­cer, ses pla­nètes sont davan­tage orien­tées vers l’expérience directe, avec les autres. Pour elle, la com­pré­hen­sion de la vie doit être incar­née, dans la terre et en socié­té. L’ascendant Balance, son masque, la manière dont elle se pré­sente au monde, indique l’amoureuse, l’artiste, la défen­de­resse de l’équilibre, donc aus­si des appa­rences. Sa Lune en Bélier et conjointe au des­cen­dant lui donne une émo­ti­vi­té sans cesse renou­ve­lée, pas­sa­gère. Une Lune en Bélier sug­gère une per­sonne fière qui désire vivre avec un être fort. Bélier, c’est le signe de son époux. Soleil en sec­teur IX avec Mer­cure et Mars, lui pro­cure des aspi­ra­tions sans borne. Tou­jours aller de l’avant, tou­jours s’émerveiller, apprendre, voya­ger, se dépasser. 

L’axe de la carte est car­di­nal, axé sur les fon­de­ments tra­di­tion­nels, actifs. Pour­tant, les pla­nètes sont dans ce thème géné­ra­le­ment dans des posi­tions cadentes. Cela signi­fie qu’elle ne peut à elle seule réa­li­ser ses rêves. Elle aura besoin de gens et d’alliances. Elle pos­sède d’ailleurs une ten­dance à fusion­ner avec les gens. Pour elle, l’amour est une force vis­cé­rale, magné­tique. Vénus conjointe à Plu­ton lui pro­cure d’ailleurs un magné­tisme dont elle cher­che­ra tou­jours à expri­mer (Vénus est maître de l’Ascendant).

Les grands thèmes sont : Gémeaux (viva­ci­té), Balance (l’apparence, le beau, les arts), Bélier (les recom­men­ce­ments per­pé­tuels) et au final Scor­pion (fusion et magnétisme).

Le père

Le père est, au départ, plus secret ou rêveur que la mère. L’ascendant Sagit­taire lui pro­cure un côté gip­sy, aven­tu­rier, pro­ba­ble­ment phi­lo­so­phique aus­si. Soleil en Bélier, en sec­teur IV n’est pas, de prime abord, l’endroit où on aime­rait que le soleil soit pour un Bélier (qui com­mence tant de choses et qui ne finit pas néces­sai­re­ment tout), car ce sec­teur est celui de l’action dans la péren­ni­té. Cepen­dant, cela lui confère un pro­fond désir : fon­der une famille, trou­ver son sens dans la mai­son. Son des­cen­dant en Gémeaux l’amènera à pré­fé­rer les gens qui aiment socia­li­ser. Son épouse est Gémeaux. Par la conjointe, ce « crabe » bâtis­seur et sen­sible, trouve le tis­su social pour ali­men­ter sa famille en expé­riences diverses. Le père est aus­si un soli­taire. Ses sen­ti­ments très matures dès le jeune âge sont tout de même nour­ris par une folie émo­tive (Lune en Balance) et ins­pi­rante (sex­tile avec Ura­nus). Peut-être instable dans sa nature, il pos­sède tout de même les outils pour trou­ver des gens plus « stables ». Il sait s’entourer. Et il aime phi­lo­so­pher. Sa pen­sée Pois­sons contre­dit son grand ego Bélier. Qu’à cela ne tienne, car l’orientation de sa carte du ciel est car­di­nale, d’action. L’inverse de son épouse.

Si la mère pos­sède Mars très haut dans le ciel, le père l’a très au nord, en des­sous de l’horizon. On devine ici la grande dyna­mique que sera le couple. Deux bâtis­seurs se ren­contrent. L’un en socié­té, l’autre en famille.

Lune conjointe à Jupi­ter et oppo­sé à Uranus/​Mars donne une exa­gé­ra­tion des sen­ti­ments, une viva­ci­té émo­tive qui est sta­bi­li­sée par une fidé­li­té et une matu­ri­té naturelle.

Les grands thèmes sont : Bélier (fon­cer, conqué­rir), Sagit­taire (aller au-delà), Capri­corne (matu­ri­té) et Can­cer (royaume fami­lial). Enfin Pois­sons (phi­lo­so­phie et détachement).

Le thème composé

On peut créer une carte qui amal­game les influences de cha­cun des membres d’un couple. Une carte somme toute très har­mo­nieuse et consen­suelle, fusion­nelle. Le couple est bien cam­pé dans le sec­teur VII, le mariage, rece­vant des aspects éner­gi­sants de toutes les zones. La nature Tau­reau est inté­res­sante, car s’il est un signe des cer­ti­tudes, c’est bien le Tau­reau. Ce couple est à la fois bâti sur la maté­ria­li­té, le tan­gible, mais aus­si sus­cep­tible de batailler pour ses idées. Les émo­tions sont puis­santes, l’un est cer­tai­ne­ment le trans­for­ma­teur de l’autre et c’est par beau­coup de dia­logue qu’ils en arrivent à se com­prendre et à s’entendre. La Lune en Capri­corne est impor­tante ici. Tout d’abord, parce que trois des filles auront cette même lune. Notons aus­si Mer­cure conjoint Ura­nus : indé­pen­dance d’esprit, goût intel­lec­tuel divergent, fusion du Soleil, de Vénus et de Mars. Un couple pri­maire, sen­suel, peut-être par­fois colé­rique. Notons éga­le­ment à l’opposé, l’ascendant Scor­pion qui rap­pelle la conjonc­tion Vénus/​Pluton de la mère. Ce couple est vis­cé­ral, magnétique.

La pre­mière fille

Si l’enfant est la syn­thèse d’un couple, cette pre­mière fille en serait un bon exemple. Tout d’abord, son ascen­dant Tau­reau repré­sente la thé­ma­tique du couple. La Lune en Capri­corne rap­pelle aus­si cette même Lune dans le thème com­po­sé. Et la « terre » est l’élément prin­ci­pal de ce Pois­sons à l’esprit de Bélier. Tout comme la mère, la fille apprend par l’expérience avec le monde exté­rieur. Ce n’est pas une phi­lo­sophe, mais plu­tôt un être concret. Si elle est indé­pen­dante, ce n’est pas par l’affirmation intem­pes­tive de soi, mais par la constance et la déter­mi­na­tion. Ses rela­tions en géné­ral seront tein­tées de dif­fé­rences et d’instabilité. Cette femme est une bâtis­seuse tran­quille, aimant s’entourer d’amis, un soleil timide peut-être, détes­tant les que­relles ce qui, pour­tant, sera son lot. 

On note la même pré­sence angu­laire de Mars que chez les parents. On la retrou­ve­ra chez d’autres enfants. Cette famille est bâtie sur l’affirmation de soi.

Les grand thèmes : Capri­corne (matu­ri­té), Tau­reau (sen­sua­li­té et maté­ria­li­té), Ura­nus (aven­tures amou­reuses et indépendance).

Le fils

Le lec­teur l’aura peut-être devi­né, cette des­crip­tion super­fi­cielle est celle de ma famille. Je connais notre his­toire com­mune, mais pas le détail de ses membres. Cette famille est bâtie sur l’indépendance. Je m’amuse en quelque sorte à peindre un por­trait qui pour­rait s’avérer tout à fait faux. De plus, cette lec­ture pour­ra paraître bien ennuyante pour la plu­part de mes trop peu nom­breux lec­teurs. Seuls les astro­logues y trou­ve­ront leur compte (ou matière à rire devant mes tentatives).

Je connais donc très bien la carte de ce fils. C’est un enfant-sur­prise, né onze mois après le pre­mier. Il pos­sède d’ailleurs une carte du ciel dif­fé­rente sans pour autant renier les racines avec le père et la mère. Ain­si, Vénus en Bélier est conjointe au Fond du ciel du père, Mars en Gémeaux fait conjonc­tion avec le des­cen­dant du père, tan­dis que Vénus en Bélier fait éga­le­ment conjonc­tion avec la Lune de la mère. Cette forte Vénus rap­pelle aus­si l’ascendant de la mère en Balance. L’intensité fusion­nelle amou­reuse de la mère est sans contre­dit tra­duite par l’opposition Soleil/​Pluton du fils (dont le Soleil se trouve éga­le­ment dans le sec­teur tra­di­tion­nel du Scor­pion). D’ailleurs, ce qui a tou­jours atti­ré ce fils sont les gens à très fortes ten­dances Scor­pion et ses amou­reux connus ont tous cette « éner­gie ». Rap­pe­lons éga­le­ment que le père n’est pas en reste avec l’énergie Scor­pion (dans le sec­teur VII, car­ré à sa Lune). Le fils a le tem­pé­ra­ment du père, mais l’énergie pro­bable de sa mère.

Contrai­re­ment à sa mère et à la pre­mière fille, le fils pos­sède une carte éta­lée sur toute la sur­face. Ses expé­riences sont variées, dans tous les domaines. Cela ne fait pas de lui une meilleure per­sonne — il est d’ailleurs assez épar­pillé — mais c’est un rap­pel de la dif­fé­rence des indi­vi­dus. Chaque thème pos­sède ses par­ti­cu­la­ri­tés et ce n’est pas une famille qui les dicte. Cepen­dant, on peut dire que la dis­tri­bu­tion pla­né­taire rap­pelle le père.

Mars en Gémeaux (la mère), Saturne dans son signe, le Capri­corne, Jupi­ter dans son signe, le Sagit­taire (ascen­dant du père). On ne peut oublier Ura­nus à l’ascendant. Cette pla­nète, tout comme Saturne et Plu­ton, joue un grand rôle dans la famille : Indé­pen­dance, Ori­gi­na­li­té, Fusion.

Les grands thèmes : Pois­sons (phi­lo­so­phie, ins­pi­ra­tion), Scor­pion (inten­si­té com­ba­tive), Capri­corne (froi­deur), Ver­seau (ori­gi­na­li­té) et Sagit­taire (aven­ture)

La deuxième fille

La dis­tri­bu­tion pla­né­taire de la deuxième fille est la plus dif­fé­rente de la famille. Le stel­lium Soleil, Mer­cure, Ura­nus, Lune et Plu­ton en font une per­son­na­li­té com­plexe, axée sur le besoin d’amour. Si la cor­rec­tion du thème de la mère est cor­recte, le thème de cette deuxième fille est exac­te­ment dans la même orien­ta­tion que la mère, soit un ascen­dant à 8 degrés de la Balance. Notons aus­si Vénus tout en haut, comme sa mère, comme son frère. Et que dire de cette Lune conjointe Plu­ton. Ne voit-on pas appa­raître encore l’énergie Plu­ton de la mère et du père ?

Une per­son­na­li­té avec un stel­lium pour­ra tou­jours paraître dif­fi­cile à com­prendre, car la nature l’a ain­si faite qu’elle peut sem­bler tout d’un bloc. Esprit léo­nin, grande indé­pen­dance, grande inten­si­té émo­tive, Vénus et Nep­tune en har­mo­nie avec cette for­ma­tion stel­laire. Et Saturne en Capri­corne au fond du ciel. On gra­vite tou­jours dans les mêmes éner­gies avec cette famille. La deuxième fille par­tage le même désir d’expérience concrète de la mère et de la pre­mière fille.

Les grands thèmes : Lion (Soleil soli­taire), Vierge (ana­lyse fine et cri­tique), Can­cer (famille)

La troi­sième fille

Les enfants se suivent et l’énergie, certes modu­lée, emprunte pour­tant les mêmes sen­tiers. Lune en Capri­corne, Plu­ton très haut dans le ciel (Scor­pion à l’ascendant aus­si. Plu­ton ici repré­sente l’armée dont elle a fait long­temps par­tie), Saturne en fond du ciel (éner­gie Capri­corne), Mars en Gémeaux (comme le frère). Ura­nus au milieu du ciel. Tou­jours ces grands thèmes donc d’intensité, d’indépendance avec cepen­dant, comme pour trois des filles, une pru­dence émo­tive (pas chez le fils. La deuxième fille a aus­si la Lune dans un signe de terre, comme ses soeurs). Cette Lune en Capri­corne pos­sède une teinte de rigueur. Cela dénote géné­ra­le­ment une mère pos­sé­dant des prin­cipes éle­vés. Je rap­pelle que la carte com­po­sée du couple a une Lune en Capri­corne. Les cir­cons­tances ont sans doute fait que les parents ont eu ten­dance à dis­ci­pli­ner l’émotion des enfants. Cette volon­té de dis­ci­pline pro­ve­nait sans doute de la même rigueur qu’ils ont reçue de leurs propres parents. Cela n’est pas dom­ma­geable en soi, loin de là. Disons que les filles de cette famille se sont for­gé un carac­tère émo­tif à par­tir des racines du couple les ren­dant exi­geantes envers elles-mêmes, parais­sant par­fois un peu froides, tou­jours en maî­trise de leurs émo­tions. Ce sont des femmes-pères, structurantes.

Les grands thèmes : Scor­pion (trans­for­ma­tion et inten­si­té), Ver­seau (ori­gi­na­li­té, cama­ra­de­rie, indé­pen­dance), Capri­corne (struc­ture)

La qua­trième fille

Celle-ci n’est pas en reste avec l’héritage fami­lial. Tout comme la deuxième fille, elle pos­sède exac­te­ment l’orientation (le même ascen­dant) que la mère. Et la Lune en Capri­corne, tou­jours. Ura­nus à l’ascendant, Saturne et Mars en Tau­reau dans le sec­teur de Plu­ton alors que la Lune, pour­tant en Capri­corne, se voit bous­cu­lée par Plu­ton. Elle est Bélier, par­tage cette éner­gie avec le père sans pour autant être comme lui puisque sa manière de s’affirmer est plus conven­tion­nelle et stable. On pour­ra dire que le père lui aura trans­mis, avec les autres, cette néces­si­té d’être soi, en tout temps. En fait, le père y est arri­vé de manière détour­née alors que les enfants ont répon­du natu­rel­le­ment à cette aspi­ra­tion en nais­sant autour de l’énergie ura­nienne qui est repré­sen­tée par la conjonc­tion Uranus/​Mercure de la carte du couple. Soyez indé­pen­dants d’esprit a tou­jours été la devise des parents. Les enfants y ont répon­du dif­fé­rem­ment certes, mais les racines semblent être les mêmes.

Les grands thèmes : Bélier (lea­der­ship), Ver­seau (ori­gi­na­li­té et indé­pen­dance), Capri­corne (émo­tion struc­tu­rante), Scorpion

Conclu­sion

Un tel exer­cice de com­pa­rai­son de cartes du ciel peut aller dans tous les sens et n’aura de véri­table sens que si on y voit là une allé­go­rie, une manière de voir les choses, un mythe fami­lial comme chaque famille aime s’entourer.

La leçon que j’en tire est qu’on ne naît pas iso­lé et chaque famille pos­sède sa fable, sa façon d’être pré­sente dans le monde.

Je suis demeu­ré sciem­ment flou dans mon ana­lyse, car la psy­cho­lo­gie de cha­cun est un jar­din qui lui appar­tient. À visua­li­ser les « éner­gies » paren­tales et à les voir repro­duites par­mi les enfants m’indiquent que nous pos­sé­dons une cer­taine mis­sion sur cette Terre, que notre des­tin, même s’il nous appar­tient, pos­sède des palettes issues des ancêtres et qu’il est impor­tant de conti­nuer la fresque transmise.

Je suis heu­reux d’être issu d’un couple aus­si fort. Je ne veux pas les idéa­li­ser plus qu’il n’en faut, mais je dirai qu’ils ont été bénis par le ciel. Leurs fortes per­son­na­li­tés ont pu et su fon­der les mailles sui­vantes avec ce grand para­doxe qu’il fal­lait trans­mettre un désir de liber­té et d’individualisme.

Mon père m’a dit quand j’étais encore au cégep qu’il s’apercevait que ses enfants étaient son anti­dote. En fait, ils étaient davan­tage une réponse à ce que lui et sa bien-aimée sont.

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