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Vésanies

Mon uni­vers me suf­fit, il me semble, bien que cela soit une illu­sion. Si j’arrive à être seul la plu­part du temps, entre les quelques mètres cubes d’un appar­te­ment mont­réa­lais, je n’en suis pas moins atta­ché à tout un cha­cun, aux mélo­dies choi­sies glis­sant sur Inter­net jusqu’à mes oreilles, à mes amis, à ma famille ain­si qu’aux nom­breux col­lègues de bureau avec qui je gagne salaire et construis châ­teaux programmés.

Mais je me contente de mon uni­vers, au final. Seul moi peux le res­pi­rer, l’interpréter. Des gout­te­lettes se forment sous le cou­vercle d’une mijo­teuse, un uni­vers étoi­lé se des­sine sur une tôle à rôtir immer­gée, qu’à cela ne tienne, j’y vois des étoiles, des alvéoles d’invisibles abeilles.

Je me satis­fais de ma folie et je m’en inquiète. Elle me pousse à un roman­tisme silen­cieux, à res­pi­rer la pré­sence des autres comme si tout cela était un miel d’une seule sai­son. Cette même et imper­tur­bable folie me pousse à croître que je pour­rais habi­ter entre des murs espa­gnols, andalous.

J’ai long­temps vou­lu être célèbre, j’en suis à glo­ri­fier les vésa­nies, à m’enrober de pen­sées sucrées et à dor­mir de plus en plus, amol­li par le rêve, les fan­tasmes, peut-être après tout, par la naï­ve­té de vou­loir à tout prix être heureux.

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