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Vous rêvez ?

Nous vivons dans un rêve, n’est-ce pas ? Le vôtre n’est peut-être pas le mien même si le mien res­semble à s’y méprendre à ce que vous inven­tez pour vous-mêmes.

Votre conscience, votre amu­se­ment, vos dési­rs de vivre et vos cau­che­mars s’entremêlent pour créer vos sou­ve­nirs, votre his­toire, celle qui pos­sède une intro­duc­tion, de longs ou courts cha­pitres avant que la conclu­sion ne vienne vous réduire en ce silence que pleurent depuis toutes les lurettes les poètes et les philosophes.

Il est pos­sible que vous viviez votre rêve en paral­lèle d’une vie plus ordi­naire, voire étran­gère à ce souffle qui, en prin­cipe, devrait vous rendre créa­tif et ins­pi­rant. Com­bien d’entre vous peuvent affir­mer que le chan­tier qu’ils empruntent est celui qui les mène au bonheur ?

Votre rêve fait-il par­tie de cette quête de bon­heur ? Tra­vaillez-vous, har­dis et cou­ra­geux, à la construc­tion de votre mort ? Qu’aurez-vous vécu, qu’aurez-vous accom­pli, qu’aurez-vous aimé ?

Mais est-il néces­saire de mesu­rer votre vie ain­si ? Quel est celui, celle qui dépla­ce­ra pour vous les billes sur l’abaque, ren­dra le juge­ment der­nier ? N’êtes-vous pas dans un rêve dans lequel vous navi­guez en toute incons­cience ? L’univers est si vaste et tel­le­ment hors d’atteinte qu’il n’a cure de vos attentes. Il dicte pour vous la suite des choses en vous lais­sant pro­ba­ble­ment toute la liber­té d’être brillam­ment ce que vous êtes puisque, comme moi avec vous, nous sommes insi­gni­fiants, magiques, modes­te­ment glorieux.

À quoi rêvez-vous que je ne rêve moi-même ?

Vous, les effré­nés et les fana­tiques, pour­quoi vou­loir détruire le rêve des autres ? Com­ment osez-vous pré­tendre entendre cette voix supé­rieure à votre enten­de­ment ? Vos oreilles ne dif­fèrent pas des miennes. Ne devriez-vous pas nour­rir le silence, vous écar­ter du pas­sage du soleil, le lais­ser brû­ler à petit feu, res­ter dans l’ombre jusqu’à ce que les étoiles se supernouvellent ?

Nous serions si heu­reux dans le res­pect de nos rêves. Voi­là le mot : res­pect. Vous êtes vivants, je le suis, nous ne le serons plus, d’autres le seront. Res­pect alors pour ce que l’on pos­sède. Res­pect pour cet ima­gi­naire qui anime et nous rend à l’image du divin.

Je fré­mis à l’idée de perdre mon rêve, vous savez. Je vou­drais que cha­cun de mes jours soit ce qu’ils inventeront.

C’est dif­fi­cile, n’est-ce pas ? La quête du bon­heur demeure de l’effort. Culti­ver la terre demande des bras, cou­rir après l’amour demande des jambes, conser­ver la flamme demande je ne sais pas quelle lumière.

La vie est dure, pour nous, elle dure aus­si, bien au-delà de nos rêves, enra­ci­née à une boule bleue qui s’étourdit dans le kaléi­do­scope universel.

Qu’il est mys­té­rieux ce monde.

Suis-je dans un rêve ?

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