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Youkali

Modifié le : 2019/07/27

Sans cesse à recom­men­cer, le poil, la pous­sière, les jours. Tou­jours aus­si vapo­reux, fluide, inal­té­rable ce Temps qui n’est qu’une dimen­sion de plus dans notre mémoire sélective.

Nous aime­rions être éter­nels, car le bon­heur nous ensor­celle. Nous ne par­vien­drons jamais à nos fins. Nos chi­mères sont des you­ka­lis tout juste bonnes à écouter.

Je suis heu­reux en ce moment. J’observe ces pous­sières qui luttent contre ma volon­té, ces jours qui me blan­chissent peu à peu, ces res­pi­ra­tions qui m’usent les pou­mons. Et, para­doxa­le­ment à ce bon­heur, je sais que le pin­ce­ment triste de devoir quit­ter, un jour, cette pla­nète est tou­jours là, à chauf­fer la four­naise de mes émois. C’est un peu lourd, mais il n’y a pas à en fouet­ter un chat. Nous voguons tous sur cette rivière. Inutile de me plaindre, per­sonne n’aura la patience d’entendre ce qu’ils savent déjà pour eux-mêmes. Au lieu de gémir, écri­vons-le plu­tôt, racon­tons des his­toires, par­ta­geons et adoucissons-nous.

J’aime bien me croire de la voca­tion d’apaiser les cœurs. Je veux le faire pour moi, autant le faire pour les autres. Avoir signé chez un impor­tant édi­teur me conforte, en quelque sorte, dans cette mis­sion ima­gi­naire. Cela ne doit pas amoin­drir mes défenses, endor­mir ma vigi­lance et doit plu­tôt m’inciter à pas­ser plus régu­liè­re­ment le balai sur mes cer­ti­tudes. C’est la meilleure façon de conser­ver un regard neuf sur cha­cune des secondes qui s’envolent loin de moi.

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