existence | Guy Verville

Articles contenant la catégorie “existence” (14)

Chacun de nos matins

Le temps n’est peut-être, au fond, qu’un long couloir immobilisé dans la matière, un train sans queue ni tête. La matière est plus lente que nos humbles pas. Nous courons, dansons, batifolons, n’ayant d’échos que ce silence plus grand que nos natures, plus immense que nos espoirs, tout aussi profond que notre ignorance. — 2019/08/11

Notre feu

J’ai été particulièrement malade pendant un mois. Tout d’abord une angine partielle de la gorge qui m’a fait maigrir de deux kilos tant je ne pouvais avaler quoi que ce soit. Puis, deux semaines plus tard, de mystérieuses montées de fièvre. — 2018/11/11

Et souviens-toi encore que chacun ne vit que le présent

Les feuilles ne semblent pas prêtes de se ternir. Pourtant, à la fin de septembre, elles devraient déjà pressentir la fin. Il y a de ces automnes sans fard et il se peut que celui-ci soit l’un d’eux. Les ramures bruniront et seront dégarnies par un ou deux coups de vent. Le lendemain, il neigera et nous n’aurons pas encore nos bottes à nos pieds. — 2018/09/30

Les deux chemins

Que sommes-nous ? Que faisons-nous ? Que deviendrons-nous ? Il est plutôt rare que nous nous posions ces questions. Elles surgissent habituellement durant des moments de crise, quand un ouragan vient fouetter l’existence, quand l’océan se gonfle immensément, mais aussi, parfois, quand tout paraît calme à la surface, quand sous des kilomètres d’oubli se meut un plasma menaçant que nous ignorons bien volontiers. — 2018/06/11

Mon chant, ma voix

En janvier dernier, un billet sur le chant, puis plus rien sur ce thème. Je me fais frugal en tout, m’interroge silencieusement sur le sens de faire autant ceci que cela. 2017 me réserve ses surprises. — 2017/07/01

J'ai rêvé de lui

J’ai rêvé de lui. Il se tenait près de moi, je ne distinguais pas son visage, mais pouvais observer sa pilosité, deviner la force de son sang par la veine pulsante de son cou. — 2017/06/23

Chanter la chlorophylle

Je suis fait davantage de silence que d’éclats. J’ai conté si peu l’hiver, pas du tout le printemps qui s’achève. Mes journées n’en furent pas moins bruyantes, enrichissantes, angoissantes, nuageuses et bienheureuses. La vie ordinaire d’un homme qui ressent la fatigue du devoir quasi accompli. — 2017/05/13

Graver

J’aimerais graver mes pas dans un sol bienveillant qui montrerait aux générations futures que je suis passé par là, que mon âme, vêtue de son corps d’ancêtre, s’est penchée sur la trace des autres, aura respiré un air qui avait déjà fait trente milliards de ritournelles (je les ai toutes comptées), qu’il y a eu, au-dessus de ces traces, des rêves qui ne faisaient qu’errer. — 2016/05/28

Horloge lumineuse

Le soleil pose quotidiennement sa lumière sur moi, sur nous et sur vous. Mon regard se tourne forcément sur moi, sur nous, sur vous. L’existence est incroyable, la réalité si prégnante, belle, implacable, lourde, sans concession. — 2016/04/09

Le printemps, lentement

Le printemps, tout lentement, arrive à ses fins. L’hiver a étiré sa guimauve pluvieuse et froide jusqu’à ce que les arbres, tout de même, ainsi que les jonquilles, les crocus, les mouches, et quoi encore, réussissent à clamer leur aire de jeu. — 2014/05/11

Les épidémies radioactives

Si quelques atomes entrechoqués peuvent anéantir une ville entière, imaginons la puissance des drogues qui coulent dans nos veines. Je m'étonne facilement, ma pensée est radioactive et instable. Le pourtour d'une lampe me rappelle les lèvres amères d'un volcan, le contact d'un corps annonce une épidémie de sensations. — 2013/01/18

Oxydable

Puisque la vie est un perpétuel recommencement, elle est forcément une constante oxydation. Ce-qui-est ne devient plus. Parfois, ce-qui-est s'amenuise peu à peu, s'enraie lentement, s'oxyde et puis stoppe. Mais parfois, le bris survient et ce-qui-est n'est déjà plus, dans un grand fracas d'indifférence puisque ce-qui-est est maintenant ailleurs. — 2011/12/11

Sommes-nous ?

J'ai rêvé qu'une maison d'édition bien connue d'ici me retournait mon manuscrit accompagné d'une lettre de bêtises véhémentes et qui m'enjoignait de ne plus écrire un seul mot. J'étais nouveau dans un bureau un peu alambiqué. Mes collègues ressemblaient à des gens que j'ai connus. — 2011/11/13

Atteindre

Chaque matin, en ouvrant les yeux, je tends les mains. Toute aurore qui se dessine en moi cherche à ouvrir les bras. Pendant que les rêves déjà oubliés s'effilochent dans le purgatoire magique de l'inconscient, je dois poser pied à terre, revenir à cette vie. — 2011/10/25

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